Lundi 21 mars 2005

Humeur: Dechiratoire / B.O Harold Melvin and the BlueNote "Wake Up"
 
Vous me braviez avec cette ridicule soif d'absolu qu'ont les gens de votre age et je me disais, vous êtes véhéments à souhait, vous sortirez du lot. Mais vous n'êtes sortis de 
rien. Les vapeurs de jeunesse passées, vous avez repris votre place dans la moyenne. Plus trace d'insurrection. Plus trace de vengeance.Vous avez si vite craint pour votre peau, mes  pauvres enfants. Comme la cohorte de vos amis veules, vous savez que tout geste se paie,  aussi avez vous choisi d'emblée de ne plus vous signaler. Ecarter la souffrance, tel est votre  horizon. Ecarter la souffrance vous tient lieu d'épopée.
Être con, être un peu con, ne s'adresse pas à l'amateur de tropiques. C'est même tout le contraire quand on y pense. Etre un peu con, en tant que conseil, n'est destiné qu'aux âmes complexes. Seul le torturé en saisit la nuance fraternellement élective. On ne recommande pas 
à un con d'être un peu con. Ni à un insouciant. Encore moins à un heureux. S'il existe.
Le seul système valable est le féodalisme, lequel avait le mérite de produire soit des nains qui fermaient leur gueule, soit des chevaliers ou des révolutionnaires, des types épiques qui maniaient le fer et la lance. Aujourd'hui, on a des pancartes, des ballons et des bonnes 
femmes qui chantent. Personnellement, je préfère des vociférants assoiffés de sang qui brandissent des piques.Ca au moins, ça a de la gueule.
Vieillir, consiste-il a développer une parodie de soi ?

La mort est en nous. Elle gagne progressivement. Petit à petit, tout se fond et se ressemble. 
A partir d'un certain âge, tout ça c'est du pareil au même et plus rien ne tient lieu de but. Et si dieu, je l'en remercie, ne m'avait fait si épouvanté par l'ennui, je pourrais finir comme ces vieux hébétés qu'on voit sur les bancs publics, assis à considérer la victoire du temps.
J'ai détruit le meilleur de moi-même, je me suis humanisé. Est ce l'alcool qui rend la phrase si pénible? Suis je à jamais exclu de l’avenir ? Où sont les jours, les vrais. La stagnation me tue. Ce soir luttons contre la mièvrerie de l'existence.
Agiter Dieu.
Faire un petit pas en arrière pour qu'il vienne au monde, et tous les jours, et plusieurs fois par jour, et pendant toute la vie.
Je ne peux pas me vanter de l'avoir fait. Ce petit pas. Ni même un seul jour. Ni même une seule fois, sans attendre la réponse, sans espérer un exaucement quelconque. Je ne veux rien de toi.
Agiter la vie.Ca oui, je l'ai fait. Mais il n'y a pas de loi pour cette entreprise. Et la vie, ne se laisse pas agiter de bon gré. Les hommes aspirent au confort. Agiter la vie est une voie authentiquement désespérante.
Dans la molle perversité de votre inertie, je vois du détachement et peut être un brin de 
condescendance.
Je vous aurais préféré criminel plutôt que militant du bohneur. Cessez de dire oui au monde.
Chaque jour, le monde m'aura rétréci et aujourd'hui, c'est le monde qui se rétrécit en moi. La vie aura eu raison de moi.
Dans vos yeux, je lis l'incompréhension. Je lis l'abandon. Je lis l'attestation de la solitude.
Ne vous offusquez pas de mon discours exécrable, avec les gens qui me sont chers, j'aime frôler le précipice, j'aime le péril extrême. Je me mets en état d'extrême odieuserie ou en état d'extrême laideur.
J'existais bien avant vous et je m’effondrerai bien après vous, je vous domine en tout, ma tristesse n'en est pas une, ma nudité n'en est pas une, rien ne me consume, je n'attends rien et je vous plains.
par gnu theblaire publié dans : theblaire
 
 
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